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QUI EST ETIENNE BACQUET ? Nicolas Tognon : Bonjour Etienne. Tout d’abord, une question à brûle pourpoint : Que vous évoque le 13 avril 2008 ? Etienne Bacquet : C’est une date très importante ! C’est bien entendu le jour où pour la première fois en France, des personnes d’horizons différents, se sont réunis afin de mettre en commun leurs travaux, leurs idées sur les comportements dangereux liés à l’écoute de certaines musiques. Je peux dire que j’y étais. J’espère que cette association trouvera écho dans les entreprises qu’elle envisage de mettre en œuvre et qu’elle perdurera à travers le temps. N.T. : Vous travaillez dans un office notarial comme clerc de notaire, et vous avez accepté la charge de responsable juridique de l’association… Pourquoi un arsenal juridique ? N.T. : Tout d’abord, l’association m’a confié trois taches, je vais revenir sur chacune de celles-ci pour que tout soit bien clair, et en terminant sur ce que vous venez d’évoquer : responsable juridique. L'association a créé un Comité d'experts dont je fais partie. J’en suis ravi… Cela montre que les lectures et les travaux que j’ai effectué par rapport à la musique rock ont trouvé écho auprès d’un vrai musicien : Alain Busschaert… N.T. : Vous disiez que l’association vous a confié une deuxième mission, et effectivement, vous êtes aussi délégué national… E.B. : Oui. Tout à fait. L’association voit grand. Les membres fondateurs l’ont doté de statuts qui, à plus ou moins brève échéance, et je l’espère, l’amèneront à être déclarée d’utilité publique, et être reconnue nationalement. Elle l’est d’ailleurs déjà, puisque les statuts indiquent que la présente association est « nationale ». C’était un vœu cher à Alain que tout le monde a accepté,… et tellement évident qu’on a voulu le souligner. Donc, l’Association a une vocation nationale. Dans ce contexte, la mission de « délégué national » est capitale. Elle permettra à l’association d’avoir des représentants par région, département, et peut être demain même au niveau municipal qui seront là pour aider les parents, les ados, et d’autres personnes, à faire face aux difficultés comportementales liés à l’écoute des musiques : conférences radiophoniques, en milieu scolaire, colloques… Sa mission est essentielle pour la vie de l’association. Je suis d’ores et déjà enthousiaste à l’idée de parler de tout cela autour de moi. N.T. : Enfin, vous êtes responsable juridique. Pourquoi l’association se dote t’elle d’un arsenal juridique ? Cette question concerne plus Alain… Mais vu mon métier et mes anciennes fonctions associatives (j’ai été Président d’une association étudiante), je sais d’expérience qu’il est capital de se protéger juridiquement. Cette association est jeune, et elle est donc vulnérable. Cet arsenal juridique, c’est un peu le cocon qui protège le papillon avant son envol. Puis, après lorsqu’il aura sorti ses ailes, il faudra aussi le protéger ... je suis très bien entouré. Tous mes collaborateurs dans ce service sont des juristes confirmés sur qui je pourrai m’appuyer pour prendre les bonnes décisions. N.T. : Pourquoi vous investir alors dans une association qui parle de musique ? A priori, vous n'avez rien d’un musicien, ou d’un psychologue. Quel est votre rapport à la musique ? Vous avez parfaitement raison de souligner que je ne suis ni musicien, ni psychologue… Mais je suis issu d’une famille de mélomanes. Mon père est féru d’orgues, j’ai trois sœurs pianistes dont une qui est musicologue et professeur de musique, une sœur violoniste… Toute mon enfance, toute ma vie a été bercée par la musique. Mon truc, c’est le rock n’roll. Je ne prétends pas tout savoir sur cette musique qui est tellement vaste et qui embrasse tellement d’horizons (90 % des disques vendus dans le monde !), mais lorsque je me suis mis à en écouter, j’ai été fasciné. Un ecclésiastique a qualifié cette musique « d’étrange fascination ». Je pense que le mot est juste. La fascination qu’a exercée cette musique sur mon esprit a engendré chez moi des déviances comportementales qui ont inquiété mon entourage. Certes, j’étais ado à cette époque, mais LE facteur de révolte a été la musique, et particulièrement le rock n’roll. Puis un jour, dans le cadre des mes activités extra-étudiantes, on m’a demandé de faire un exposé sur le rock. C’était parti. De cette musique, j’ai tenté de comprendre ses mécanismes, son pouvoir de fascination, ses scènes d’orgies que l’on rencontre dans certains concerts, ses clips vidéo parfois sanglants et malsains que l’on rencontre dans le Black Metal. Il suffit de lire la presse quotidienne pour se rendre compte de toutes ces déviances. Par exemple, hier, en allant au travail, j’attrape un de ses journaux gratuits qu’on trouve dans la rue. Page 20, rubrique « People » de « 20 minutes » du 10 septembre 2008, je lis : « Oasis se fait secouer… Qui sème le vent récolte la tempête… Noel Gallagher, roi de la provoc, langue de vipère et de la pop (…) a été éjecté de la scène en plein concert (…) Vrai fou ou faux fan, l’agresseur, aussi incontrôlable que l’agressé a surgi de l’arrière de la scène pendant le tube « Morning Glory ». Après un sprint, il a violemment poussé sa victime par derrière et l’a propulsée quelques mètres plus bas sur les haut-parleurs devant des fans bouche bée (…) » Pourquoi tant de violence ? Cela mérite réflexion quand même… Et je ne souhaite pas à Noel Gallagher de finir comme son idole John Lennon, assassiné au coin de la rue par un vrai fan. Toutes ces études, que je mène à mes heures perdues depuis 12 ans déjà, je les ai présentées à diverses personnes de mon entourage. J’ai voulu aussi les présenter à certaines de mes sources, pour savoir ce qu’elles en pensaient. Je les ai donc adressées à Alain Busschaert qui m’en a félicité ! Il m’a proposé alors de participer à la fondation d’AJ avec d’autres personnes comme Michel Poulaert (son site excellent « lesubliminal.fr »), et nous nous sommes rencontrés pour la première fois dans le « monastère » du Petit Senais, chez Alain. AJ était conçu. Le 13 avril 2008, AJ naissait… Cela va être une aventure formidable ! N.T. : Vous sentez-vous toujours révolté ? E.B. : (sourire) Révolté, je l’ai été avec la musique. Maintenant, je le suis toujours, mais plutôt contre ce terrible silence qui veut que l’on évite de parler de ce qui fait mal : la musique n’est pas un passe temps inoffensif, elle peut agir sur notre comportement, pour le meilleur comme pour le pire. Le tout, c’est d’en faire prendre conscience à la population. Ceci devient très urgent et relève de l’utilité publique. N.T. : Qu’attendez-vous d’AJ, et que comptez-vous lui apporter ? E.B. : Premièrement : AJ est une association. Je suis à son service dans mon domaine de compétence : responsable juridique. Je ferais tout mon possible pour qu’elle soit protégée au mieux. Je prends cela comme étant ma mission principale. Deuxièmement : en tant que délégué national, je suis responsable d’en parler autour de moi. Mais bien entendu, il faut que l’association trouve une assise médiatique importante pour être reconnue. Troisièmement : en tant que membre du Comité d’experts, je compte plus apprendre que donner. Une des découvertes importantes que j’ai faite en ses 12 années d’études sur le sujet de la musique rock, c’est que plus on en apprend, et moins on en sait. La musique est pour moi un art magique qu’on ne peut pas maîtriser. Elle nécessite forcément la perfection. Et ça se saurait si l’on était parfait. Mais je pense aussi que plus on apprend, plus on donne. Etre membre du Comité d’expert, c’est partager ses connaissances avec les autres, et SURTOUT, apprendre d’eux, et peut être qu’au final, grâce à AJ, mes travaux trouveront eux aussi un écho… N.T. : Pour finir ? E.B. : Longue vie à AJ ! |
| Etienne Bacquet |
| © 2009 association AJ - Anne-Lise & Julien |