QUI EST MICHEL POULAERT ?
INTERVIEW

 

Nicolas Tognon : Vous avez accepté d'être vice président et l'un des délégués nationaux de cette association. Quelles sont vos motivations ?

Michel Poulaert : Lorsque j’ai rencontré Alain Busschaert, nous nous sommes rendu compte que nous avions beaucoup de centres d’intérêts communs ! Depuis que nous nous connaissons, nous avons toujours été « sur la même longueur d’onde » en ce qui concerne le sujet sensible de l’influence de la musique sur les comportements. J’ai été fasciné par l’énergie dont Alain fait preuve ! Et puis, par sa façon de présenter la musique comme nul autre. C’est un passionné ! Il a observé les ados pendant plusieurs années et s’est vraiment inquiété d’eux. Il avait constaté que la musique pouvait faire changer les comportements. Il a rassemblé des centaines de notes, d’émotions et de sentiments que les jeunes eux-mêmes ont écrit. Il a fait un énorme travail de recherche sur le sujet.
Moi, de mon coté je me suis toujours intéressé aux influences médiatiques sur le comportement. Nous avions fait les mêmes observations chacun de notre coté. J’ai publié le résultat de toutes mes enquêtes sur le site maintenant populaire « lesubliminal.fr » qui suscite beaucoup d’intérêt. Nos observations se rejoignaient : la musique est puissante et peut devenir un outil bénéfique comme pervers et subversif. Partis de là, nous avons joint nos connaissances et observations pour porter et donner vie à ce projet. Lors de la première réunion de travail du 13 avril 2008, les membres fondateurs m'ont élus vice président et j'ai accepté la délégation.

N.T. : Quelles sont vos compétences professionnelles ?

M.P. : Je ne vais pas vous faire le bilan de mon CV… Disons qu’il est chargé ! Ces dernières années j’ai rempli la fonction de cadre commercial pour une entreprise étrangère. Ne me regardez pas comme ça, je sais que cela n’a rien à voir avec notre asso ! En revanche, le sujet me tient tellement à cœur que, depuis quelques années d'investissement personnel, je voulais acquérir de réelles compétences. Je me suis toujours intéressé à la psychologie, parce que j’aime les gens et que j’aime servir, aider, écouter, accompagner,… Après avoir lu beaucoup de livres sur les sciences humaines, j’ai décidé de suivre une formation de Master Coach. Cette approche positive et compréhension de la sémantique et des comportements m’a passionné. Elle a affiné mes compétences et apporté des outils et modèles issus de la psychologie comportementaliste. Les personnalités sont le produit de la « programmation » cérébrale issue de toutes les expériences de la vie. J’ai aussi quelques bagages pédagogiques accumulés dans le passé lorsque je travaillais dans l’enseignement et que je dirigeais des groupes de jeunes.

N.T. : Vous semblez beaucoup aimer les jeunes. L’enseignement, les groupes de jeunes…

M.P. : Oui ! Les adolescents sont absolument fascinants. Peut-être que moi aussi je le suis resté un peu (rires). Non, blague à part, c’est la tranche d’âge la plus sensible, la plus émotionnelle, la plus riche en expérimentations, en découvertes autant physiques, psychiques, émotionnelles que sociales. C’est aussi la tranche d’âge la plus vulnérable, la plus influençable, la plus délicate et la plus décisive : elle façonne l’avenir de la personne et les décisions ou les choix qu’ils prennent durant cette période peuvent avoir des conséquences inimaginables pour le reste de leur vie. J’aime parler avec jeunes et passer du temps avec eux !

N.T. : Qu’est ce que vous espérez leur apporter avec l’asso ?

M.P. : Oh tellement ! Pour être tout à fait sincère, j’ai beaucoup d’attentes et de projets ! Tout d’abord, nous voulons avec l'asso les aider à être plus critiques. Plus critiques en ce qui concerne leurs choix musicaux. Plus critiques sur le choix des jeux, des films, des sorties,… Nous nous souvenons tous de notre adolescence : nous voulions affronter le monde et surtout le changer ! Mais nous n’avions pas toujours le recul nécessaire qui nous permettait d’avoir une vue d’ensemble cohérente. Ca, c’est le rôle des adultes ! Parfois ingrat, c’est vrai, mais c’est la vérité. Je pense que l’association pourra offrir un accompagnement aux parents qui ont complètement « décroché ». Certains ne comprennent pas toujours la cyberculture dans laquelle vivent nos jeunes. Dans la mesure du possible, et là, où c'est nécessaire, nous souhaitons informer les parents des enjeux en question, les aider à rétablir le contact enfant-parents et de faire fusionner leurs mondes vers un univers de communication, de confiance et d’équilibre.
Il n'est pas question de convaincre qui que ce soit de cesser d’écouter sa musique préférée, ni de jouer sur leurs consoles, etc... Sensibiliser l'opinion publique de certaines pratiques commerciales et parfois sectaires d’embrigadement par ces intermédiaires.

N.T. : « Pratiques sectaires », « embrigadement », n'allez-vous pas un peu loin ?

M.P. : Je sais, cela peut paraitre pour beaucoup un peu alarmiste, mais c’est pourtant la réalité. Comme personne n’en parle, pour beaucoup cela veut dire que cela n’existe pas… J’en parle et ça ne laisse personne indifférent ! L’une des raisons pour lesquelles les gens ne réalisent pas la gravité du sujet, c’est qu’un processus « d’endormissement » ou « d’aveuglement » des esprits a lieu. Comment ? Par une répétition excessive de certaines pratiques pendant des années et des années. Et puisque nous le voyons souvent, et encore et encore et des années durant, nous finissons par penser que certaines pratiques ne sont peut être pas si étranges que ça. Tiens, les artistes en sont bien conscients eux. J’en parle en détail dans mon site. Par exemple Madonna a un jour expliqué ce processus de matraquage médiatique (dont font usage les publicistes aussi d’ailleurs). Lors d’un de ses entretiens avec un journaliste, elle justifia ses provocations ouvertement homosexuelles dans ses chansons. C’est alors qu’elle confia :

« Ils (l’audience) gobent tout à différents niveaux. Certaines personnes regarderont et seront dégoûtées, mais, peut-être, s’éveilleront-elles inconsciemment. Si les gens continuent à le voir et à le revoir et à le revoir encore, il est possible qu’ils finiront par penser que, finalement, ce n’est pas si étrange que cela. »
(« The Advocate », 7 mars 1991, p.49)


On n’aura pas de mal à se souvenir qu’elle vulgarise à outrance des idées totalement libertaires et libertines. On se souviendra encore la fameuse scène lors de la remise des « MTV Award » où elle embrassa sur la bouche Britney Spears et Christina Aguilera symbolisant ainsi un mariage homosexuel. La moyenne d’âge des spectateurs de MTV est de 14 ans ! Il ne faut surtout pas penser que cela ne laisse aucune trace dans leurs esprits en pleine construction émotionnelle…

Je parle consciemment d’embrigadement oui, parce qu’au travers de la musique, certains groupes et chanteurs véhiculent des messages ouvertement anarchiques, sexistes, raciaux, violents, morbides, et j’en passe. D’autres font l’apologie de la mort, du sang et du suicide et encouragent le meurtre, le viol et la haine raciale ou religieuse ! Certains jeunes accros de leurs « idoles » vivent leur musique comme une religion et je pèse mes mots ! Et pour certains, plus fragiles que d’autres, les repères deviennent vagues. Pour ceux-ci, incapables de prendre le recul nécessaire, vivent alors dans une sphère malsaine. Bien qu’ils soient en minorité, certains prennent tout au premier degré et passent à l’acte comme l’aura « dicté » le chanteur… Ce même processus est mesuré lorsque les jeunes sont accros aux jeux vidéo : ils perdent le sens de la réalité. De plus en plus de jeunes se présentent aux consultations de psychologues pour dépendances aux jeux vidéo. On oublie encore trop souvent les conséquences de la dépendance à certains genres musicaux… Certains jeunes écoutent de la musique des heures durant, et souvent en boucle. Alors que les contacts avec les parents ne prennent que… quelques minutes par jour dans sa totalité. Qui finira par avoir plus d’influence sur eux ?

N’oublions pas non plus le point commun que tous les criminels juvéniles ont : la musique. Elle les a, de près ou de loin influencés, conditionnés.

Enfin, lors de mes conférences et interventions, je le démontre de façon interactive, multimédiatique et dynamique avec des éléments clairs et précis qui ne laissent personne indifférent. Je suis très documenté et mes enquêtes ont parfois été très périlleuses !
Je parle, je parle, le sujet me prend tellement à cœur que je pourrai en parler des heures durant.

N.T. : Oh non, c’est absolument fascinant et intriguant en même temps ! Mais n’avez-vous pas peur de passer pour un réactionnaire ou de ressembler à ces évangélistes fondamentalistes américains qui, avec beaucoup de fanatisme, parlent de ce sujet en servant le diable à toutes les sauces ?

M.P. : Bonne question ! Il a bon dos le diable… Quand « on » ne comprend pas un mystère, et qu’il est d’ordre « obscur », c’est le diable qui en prend pour son grade.
Oui, justement, cette critique m’est parfois faite. Je suis content que vous me posiez cette question ! Ce jugement m’agace. Souvent elle est le fruit de l’ignorance, mais surtout de l’abnégation ou du refus de voir la réalité des choses parce qu’elles touchent aux habitudes, aux artistes vénérés qu’on ne veut pas envoyer à la poubelle. Ceux là font souvent preuve de mauvaise foi et trouvent toutes sortes d’excuses pour leurs idoles. Alors, le chemin le plus simple est de me donner l’étiquette de réactionnaire évangélique alors que je n’ai pas touché un mot sur la religion...
Avant tout, il faut savoir que j’ai horreur de ces pratiques radicales et sectaires de certains prêcheurs « bien intentionnés ». Je les trouve maladroits, fermés, parfois mal informés, absolument pas méthodologiques et pédagogiques. Ils ont tendance à voir le diable dans tout ce qui est contraire à leur vision. Cela ne me suffit pas. Le monde dans lequel nous vivons nous offre la possibilité de comprendre de plus en plus de choses par la science. Ma démarche est purement laïque et neutre. J’informe, je cite, je montre, c’est tout. Mais tu sais, à partir du moment où tu dénonces ce qu’un artiste fait, chante ou croit et que celui-ci avoue être ouvertement sataniste, on t’accuse d’être un chrétien réactionnaire… Je ne vois pas trop le rapport : je ne fais que citer les paroles d’artistes. Mais comme « on » ne veut pas le croire ou pas l’accepter, c’est moi qui en prend plein la figure. C’est lâche et trop simple… Et puis quand on « gratte » un peu plus profondément, on se rend compte que beaucoup de critiques sont le fruit d'ignorance de la part de fans qui n'approfondissent pas la vie de leurs idoles ou les contextes dans lesquels ils se trouvent…

Non, dans mes exposés, je ne parle pas de religion. Je parle des artistes et des pratiques du monde médiatique, des conséquences sociologiques, de comportementalisme. Ça dérange, c’est clair.

N.T. : Votre premier livre est sorti, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

M.P. : « LES ECRANS FACE A L'INNOCENCE » est sorti fin mars 2009. Il est préfacé par Monsieur Jacky Cordonnier, spécialiste du satanisme, membre du Conseil d’Orientation de la MIVILUDES, reconnu comme étant le plus grand expert du satanisme contemporain. C’est bonne référence et un encouragement non négligeable !

Il forme une source d’avertissement de certaines pratiques de conditionnement de la part des médias. Un enfant sur deux regarde la télévision dans sa chambre, tchatte sur son propre pc et joue avec des jeux vidéo hors de tout contrôle parental. Il échange des messages, de la musique et des clips avec son portable ou son mp3 sans réellement comprendre ce qu’il entend ou voit. Les enfants, innocents, crédules, malléables, plus réceptifs et influençables, incapables de prendre du recul, sont soumis à une présence agressive des médias sous toutes ses formes. Certains sombrent dans diverses pathologies ou dérives.  La force des répétitions  et de l’écoute réitérée des mêmes messages négatifs conditionnent les esprits, forment de nouvelles attitudes et modes de pensées qui les mènent vers des comportements devenus incompréhensibles pour les parents.

Comment des groupes et chanteurs les plus populaires du moment et d’avant influencent-ils les modes de pensées individuelles et de masse?
Je lance un débat.

Découvrez la vérité troublante et dérangeante dans ce livre qui tente de faire prendre conscience et d’analyser un problème préoccupant dont les médias semblent taire timidement.

Monsieur Jean-Michel Roulet, président de la MIVILUDES jusqu’en septembre 2008 a qualifié ce livre de « remarquable » et « salue la qualité de ces recherches et de vos conclusions ». Paroles écrites encourageantes et motivantes !

10% des ventes vont tout droit à l'association !

N.T. : Nous ne pouvons que le recommander aux lecteurs !
Et votre site « lesubliminal.fr », qu’en est-il ?

M.P. : Son entretien et mise à jour régulière prend beaucoup de temps ! Ce que je fais n’est pas seulement une passion, mais je le vis de plus en plus comme une mission, je m'y investis au maximum ! Je reçois énormément de courriels d’Internautes qui ont été touchés et impressionnés par ce qu’ils ont lu, vu et entendu. Ça motive ! Je réponds à chaque mail. Je participe à des forums, à des interviews,… Je reçois tellement d’encouragements et de preuves de sympathie que je ne peux que continuer. Le site atteint des records de visites (plus de 500/jour) !

Mon implication à l’asso AJ n’est que la conséquence logique de ce succès !

Michel Poulaert, Vice Président
© 2009 association AJ - Anne-Lise & Julien
ASSOCIATION ANNE-LISE & JULIEN