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QUI EST THERESE THOMAS ?
Nicolas Tognon : Thérèse, pourquoi vous êtes-vous engagée dans l’association AJ ?
N.T : L’association porte le nom de votre fille, pourquoi ? T.T. : Cette association porte le nom de ma fille et d’un autre jeune, Julien (tous deux décédés), parce que ce sont deux cas qui ont été rapportés à Alain. Mais je pense que, malheureusement, elle pourrait aligner plusieurs prénoms ! De ce fait, par Internet, je suis entrée en contact avec Alain pour conforter son étude sur les comportements des jeunes sous influence de la musique en apportant un cas concret. N.T. : Comment vivez-vous qu’une association porte le nom de votre fille ? T.T. : De toute les façons, ma vie ne sera plus la même. Je vis une autre vie. Un seul être vous manque est tout dépeuplé. Que l’association porte son nom permet de continuer de la faire vivre, surtout qu’elle ne tombe pas dans l’oubli ! Sur cette terre, elle essayait d’aider des copines, je l’avais avertie qu’il fallait être fort soi-même pour pouvoir aider les autres. C’est peut-être sa mission, de me faire rencontrer Alain et Michel Poulaert, pour créer cette association, en n’ayant pas peur de dévoiler, sans pour autant salir sa mémoire, ce qui l’a emmenée là où elle se repose, afin d’avertir de dangers que je n’ai pas pu discerner. Et j’ai l’impression que cela me donne de l’énergie. Vous savez, rencontrer des personnes, qui, de par leur culture, comprennent le message que vous voulez faire passer c’est très rassurant et enrichissant. De par leurs observations, auprès des jeunes, de la société, Alain et Michel ne jugent pas et je leur apporte l’expérience d’un cas concret. N.T : Pensez-vous que la musique puisse conduire vers un changement de comportement ? T.T : Je suis convaincue que l’écoute réitérée d’un certain style musical peut provoquer un changement radical de comportement. Je l’ai vécu, je suis formelle ! A cet âge quels sont les problèmes ? Ils ne sont pas d’ordre professionnel, ni financier, elle n’était pas malade… Les problèmes on peut les découvrir au travers de la musique, en s’appropriant l’état d’esprit du chanteur... Depuis tout le temps, au volant de ma voiture, quand j’arrive dans une agglomération qui m’est inconnue, ou compliquée de par la circulation, je baisse le volume, ou éteins même le volume de ma radio ! Inconsciemment le fond sonore perturbe mon attention ! Quand j’étais jeune, lors des conflits avec ma mère, je fredonnais « le mal aimé » en remplaçant l’article « le » par « la » !!! Avec le recul, nous avons bien remarqué que le comportement d’Anne-Lise a changé quand sa nouvelle fréquentation l’a insidieusement amenée vers un autre style musical. Ces musiques prennent insidieusement possession de leur esprit au point de ne plus « entendre » ses proches ! Qui se trouvent désemparés, démunis… L’appartenance à un groupe est très importante pour les jeunes. N.T. : Quels sont vos sentiments sur le changement tragique qu’a subi Anne-Lise ? T.T. : Devant un tel drame, le sentiment de culpabilité est inévitable. Mais durant une année j’étais envahie par un sentiment d’impuissance. En changeant de fréquentation, elle a changé du tout ou tout. De la petite fille serviable elle est devenue celle qu’il fallait servir sous prétexte qu’elle n’était pas aux 35h et qu’elle, en rentrant elle devait encore travailler… Pourquoi n’ai-je pas retrouvé cet article plus tôt ? Pourquoi n’ai-je pas traduit les paroles ? Par contre, ce qui me rassure, c’est que bien souvent après avoir assistée à des conférences, sans être parfaite, je n’ai pas l’impression d’avoir mal agi, ni laxiste, ni trop sévère. Seulement avec 1 an voire 2 ans plus jeune que ses fréquentations, je n’arrive pas à dire copines, elle n’avait pas les mêmes autorisations, ce qui favorisait les terrains de discorde. N.T. : Que comptez-vous apporter à cette association ? T.T : Ma profonde motivation est de : REVELER : - Les dérives, les drames liés à certaines écoutes musicales, de chanteurs et de groupes nihilistes dont les jeunes sont friands, - Les difficultés, (scolaires, familiales et sociales) rencontrées avec ces jeunes dont l’esprit est possédé par ces styles musicaux. RECOLTER : A partir de ces données, rassembler parents, jeunes et exploiter leurs expériences. OFFRIR : Une oreille attentive aux parents, aux jeunes désemparés face à ce problème devant lequel, il n’y avait personne pour y répondre concrètement. RECEUILLIR : Les témoignages de jeunes ayant su réagir devant leur dérive, ainsi que des parents interpellés par ce phénomène. ALERTER : De ces messages de désespoir véhiculés par ces chanteurs. |
| Thérèse Thomas |
| © 2009 association AJ - Anne-Lise & Julien |